Histoire
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Aux sources du nazisme

1) le courant volkisch

Les acteurs
H Blavatsky
Guido von List
J Lanz von Liebenfels
Rudolf von Sebottendorf
Otto Rahn
Herman Wirth
Karl Maria Wiligut
D Eckart
 

2) Les sources occultes

3) les lieux communs

4) une démarche réactionnaire

5) une démarche identitaire

6) une démarche scientifico-religieuse

7) une démarche démiurgique

8) Une démarche fusionnelle

 

Une démarche fusionnelle

Tout se joue dans la capacité dans la capacité de réaliser non l'unité de la Nation mais la fusion entre le chef et le peuple.

Deux termes dominent la totalité des discours :

- Bewegung : le mouvement

- l'union : comme dépassement des divisions antérieures

Hitler le rappelle à de nombreuses reprises : ce serait se tromper que de voir dans le congrès, la manifestation classique d'un parti politique : il s'agit d'un ordre religieux rassemblant les initiés, les combattants, les nouveaux Templiers qui ont la charge, sous la direction du Führer d'accoucher du peuple. Pour le moment, parce que les temps ne sont pas encore accomplis, il y a, à son service, d'un côté l'Armée ; de l'autre le Parti. L'objectif est d'obtenir à terme la fusion des deux dans le Führer, accoucheur du Peuple.

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La démarche ne se veut pas politique mais ontologique et c'est bien pour cela qu'elle se joue tellement autour de la question de l'identité et non pas du programme qui au fond n'a pas beaucoup d'importance et se résume dans le fait de détenir le pouvoir, sans nuance, sans concession ; pour cela que l'Etat est toujours présenté comme un moyen et non comme expression d'une quelconque volonté générale ; q'il apparaît comme le truchement nécessaire quand il est au service d'un ordre supérieur, nuisible quand il est l'expression des intérêts matériels que ce soit des uns seulement ou de tous ; que la référence est faite ici à un dieu, unser Gott, dit-il, qui a créé notre peuple.

Outre que le discours flatte constamment les valeurs classiques de la loyauté, fidélité, sacrifice, courage, l'insistance est toujours portée sur la référence à un ordre plus grand que soi. Tout se passe comme si effectivement l'individu n'avait pas de valeur en soi et ne pouvait exister que comme élément de ce grand tout qu'est le peuple.

D'où cette perspective fusionnelle aux antipodes exacts de la dialectique hégélienne : il ne s'agit pas ici pour un être de s'affirmer et donc de le faire face ou contre tout ce qui n'est pas lui, à charge pour lui d'apprendre à canaliser la violence que cette négation nécessaire suppose ; il s'agit bien au contraire d'affirmer une identité latente dont la prise de conscience ne pourra se faire que par l'appartenance au groupe et donc sa soumission à lui. Comme si notre être-là ne consistait qu'à réaliser une essence latente, que nos efforts et notre lutte n'aurait d'autre objectif que de dévoiler, de mettre en acte ; ou qu'il fallût chercher au dedans de soi, ce qui vous relie à l'autre d'où l'insistance si forte sur les émotions, sensations et sentiments plutôt que sur la raison supposée diviser.

En réalité, pour le nazisme, la politique n'est pas affaire d'organisation des rapports sociaux et économique, ne vise jamais la relation à l'autre mais la relation à soi : la politique est affaire d'ontologie. C'est bien pour cela que la question de l'identité prend une telle importance, et que, d'ailleurs, elle la conserve dans toutes les approches d'extrême-droite contemporaine.

Déjà évoquée 8, la question de l'identité dit quelque chose d'essentiel sur la manière dont le politique est entendu : non pas une question d'avoir, même pas celle du vivre ensemble, mais celle de l'être : dans le nazisme, le politique englobe l'être en sa totalité, concerne l'être en sa globalité. C'est pour ceci aussi qu'il s'agit d'un totalitarisme.

les caractéristiques typiques des régimes à parti unique, nés en Europe après la Première Guerre mondiale, à savoir : un mouvement révolutionnaire de masse, organisé en parti antiparlementaire et antidémocratique, qui emploie la terreur et la violence pour éliminer ses adversaires et s’arroger le monopole du pouvoir ; l’instauration d’un régime à parti unique ; la suprématie d’un chef, qui concentre le monopole du pouvoir, incarné par sa propre personne adulée comme un dieu tutélaire ; un système policier qui surveille les « ennemis intérieurs » et réprime les opposants ; un réseau tentaculaire d’organisations contrôlant tous les aspects de la vie individuelle et collective ; un appareil de propagande visant à la mobilisation permanente et à l’endoctrinement des masses conformément aux principes, aux idées, idéaux et valeurs d’une idéologie imposée comme une religion séculière ; une politique extérieure agressive, imprégnée d’expansionnisme idéologique et territorial. 9

Concept difficile à élucider, qui fait débat et notamment pour savoir si oui ou non le fascisme italien était totalitaire comme le pense E Gentile 9, ou pas comme l'affirme Arendt, concept de toute manière tiré lui-même de l'apparition des systèmes totalitaires dans les années 20. Mais ce qui en ressort est assez clair pour ce qui nous concerne ici : la conjonction d'une dimension révolutionnaire, le contrôle de tous les aspects de la vie individuelle, une propagande destinée à construire la masse en tant que telle et à propager ce qui se donne comme une religion.

C'est en ceci que le nazisme peut se targuer d'être au delà du politique, ou, si l'on préfère, le politique pure. Certes, il n'est pas d'action qui ne repose sur une représentation du monde ; pas de politique qui ne s'appuie sur une idéologie, souvent implicite, parfois explicitée. C'est d'ailleurs tout l'objet de la philosophie politique que de la mettre en évidence, de l'analyser et de mesurer la cohérence du système théorique avec les actions effectivement menées. De ce point de vue le nazisme ne fait pas exception à la règle. Mais où il s'en distingue c'est dans le projet, effectivement totalitaire, s'embrasser la totalité des aspects de la vie des individus et, en particulier, de les engager globalement, dans une nouvelle manière d'être, au point de pouvoir dire, écrire et penser que c'est à la naissance d'une nouvelle humanité qu'il ambitionne. La dimension religieuse est évidente : quand religion comme sagesse philosophique d'ailleurs incitent non seulement à savoir mais surtout à vivre ce savoir, et donc à modifier son rapport au monde, le nazisme lui aussi se refuse à toute politique se réduisant à l'organisation exclusive de la vie sociale : il en appelle à un homme nouveau qui vivrait de manière radicalement nouvelle son rapport au monde.

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On peut aller plus loin et revenir à ce que H Arendt en affirmait : Toute organisation renvoie au monde, au type de rapport que l'on entretient avec lui et avec l'autre ; au contraire, l'amour renvoie à soi, en tant qu'individu et contribue à cet acosmisme, à cet isolement que le travail moderne consacre fortement. Dès lors, confondre l'appartenance naturelle à un groupe, ce qui est le lot de chacun, avec l'amour ressenti pour le groupe est non seulement une erreur mais un danger surtout qui amplifie si besoin était encore l'isolement. Or, c'est précisément ce à quoi le nazisme, dans son approche anti-rationaliste si caractéristique du courant völkisch, en appelle. Via courage, fidélité etc c'est bien à une relation amoureuse de type fusionnel que le nazisme en appelle qui supposerait que le peuple n'ait de relation qu'avec lui-même comme entité en soi tout juste symbolisée par la relation de soumission et de dévotion au Führer.

C'est cet isolement, relié à la mise au pas (Gleichschaltung), qui marque la forme spécifique du totalitarisme nazi. Au point que politique - et propagande - peuvent alors être érigées en Art tant s'y joue la création sinon du monde, au moins du peuple.

 

 


1) l'article en allemand

2) Le matin des magiciens, 1960

voir l'inénarrable Bergier dans une ITV de 59

3) Adolf Hitler, Mein Kampf, Nouvelles Éditions latines, Paris, 1934, p. 448

4) on retrouvera d'ailleurs ce type de démarche chez Heidegger qui cherchera en remontant au delà de Platon chez les pré-socratiques pour revenir à ce moment crucial de l'oubli de l'Etre.

5) dont le Triomphe de la volonté de L Riefenstahl est une illustration flagrante.

6)

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souvenons-nous à cet égard de ce que Finkielstein énonçait à propos des partis politiques sous la Ve qui se voient progressivement dépossédés de tous leurs attributs pour ne demeurer plus que des machines électorales :

7) Goebbels au chef d'orchestre W Furtwangler (11.04.1933)
lire sur la question

8)voir ou lire

M Détienne

valeurs du FN

Culture et identité nationale Finkielkraut

Sarkozy sur la frontière

9) E Gentile

10) sur la question lire

7