Histoire
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1) le courant volkisch

Les acteurs
H Blavatsky
Guido von List
J Lanz von Liebenfels
Rudolf von Sebottendorf
Otto Rahn
Herman Wirth
Karl Maria Wiligut
D Eckart
 

2) Les sources occultes

3) les lieux communs

4) une démarche réactionnaire

5) une démarche identitaire

6) une démarche scientifico-religieuse

7) une démarche démiurgique

8) Une démarche fusionnelle

 

Une démarche réactionnaire

Il faut prendre le terme au sens premier tant le nazisme comme tous les courants völkisch paraissent d'abord n'être qu'une réaction à une crise supposée civilisationnelle. Ce qui frappe en général dans la pensée de droite est sa pauvreté conceptuelle, souvent produite d'ailleurs par son pragmatisme proclamé et sa soumission à l'ordre en général, économique en particulier ; ce qui domine dans la démarche nazie, souligné par tous, c'est la confusion à la fois idéologique et conceptuelle ainsi que le manque total de rigueur intellectuelle et scientifique. Il ne faut pas s'en étonner et on le verra ici très bien. Le DAP à sa fondation n'a pas de programme politique très clair et il faudra attendre sa refondation en NSDAP pour voir apparaître le programme en 25 points qui se donne des allures sociales mais s'avère essentiellement anti-communiste.

De Mein Kampf, on a l'habitude de lire deux choses : qu'il s'agit d'un salmigondis idéologique mais qu'en même temps tout y est dit et en particulier de la solution finale.

Sa source est évidemment la défaite de 18, en même temps que l'instabilité politique qui s'en suivit, mais comme souvent dans de tels cas, et on en verra la reproduction en 40 avec Pétain, la défaite est présentée moins comme la conséquence d'un revers militaire, même si on ira chercher dans la légende du coup de poignard dans le dos de quoi étancher l'humiliation, que comme le résultat d'une crise morale ou spirituelle. Mais cet événement, qui est une rupture à peu près aussi décisive pour l'Allemagne que ne le sera en 40 la débâcle pour la France, ne constitue pourtant qu'un des aspects, décisif, déclencheur sans doute, mais pas exclusif de ce qui fondera le nazisme.

Le courant völkisch aura depuis longtemps préparé le terrain de cette réaction si particulière : dès le début, dans une perspective héritée du romantisme, en réaction à la fois à l'écrasement du printemps des peuples et à l'instauration d'un IIe Reich trop étriqué, trop administratif, trop peu spirituel, s'affirma ce qui restera la grande constante du courant volkisch : un pessimisme radical qui voit dans la modernité le mal absolu qui égarerait le peuple allemand loin de ses origines, pessimisme qui se traduit par le refus du rationalisme, de l’industrialisation, de l’urbanisation, du libéralisme ainsi que des valeurs conservatrices traditionnelles, dont le christianisme, au profit d’une vision mythifiée d’une société organique.

Car ici réside l'essentiel : derrière le refus de la modernité il y a aussi celui du rationalisme et de l'individu. De l'anti-rationalisme on peut assez aisément déduire ce florilège de courants qui, du retour à la nature en passant par l'occultisme offrit à toute une partie de la jeunesse allemande de quoi satisfaire son anti-conformisme voire même de se donner des allures révolutionnaires sans pour autant sombrer dans le socialisme marxiste. De l'anti-individualisme, on peut tirer cette approche si particulière du peuple non pas conçu comme le souverain qui se constitue dans l'Histoire, mais au contraire comme une entité abstraite en quelque chose comme une racine naturelle à quoi chacun doit se conformer. Le peuple a une âme et chacun doit s'y conformer et la prolonger faute de fourbir tous les ingrédients de la crise morale et de civilisation.

C'est en ceci que l'on a affaire à un mouvement à la fois réactionnaire et révolutionnaire : il ne s'agit pas seulement de revenir à un statut quo ante, il ne s'agit pas du tout de rétablir les formes anciennes du politique ou de la monarchie : il s'agit, au-delà de la forme politique à instaurer demain, d'en revenir aux sources, de reprendre l'histoire où on l'avait abandonnée, dans des sources bien plus anciennes, plus mythiques où la germanité aurait un sens plein. Il suffit de comparer pour en mesurer l'enjeu : quand en France, depuis 1815, il n'aura été question que d'en finir avec la Révolution, et de rétablir les structures de l'Ancien Régime, en Allemagne, dès les années 1860, il s'agira plutôt de courir avec de vagues lunes moins médiévales qu'archaïques et de donner à cette lutte toute l'ampleur d'un véritable Kulturkampf !

Ce qui se joue ici c'est le sentiment qui semble bien traverser l'Allemagne de cette époque, d'une profonde mutation qui n'aurait pas accordé à l'Allemagne ni toutes ses chances, ni ses lettres de noblesse ; d'une période qui aurait vu l'effondrement du monde ancien sans qu'on puisse véritablement saisir le nouveau sinon pour redouter qu'il y perde l'âme allemande. C'est ici l'antienne de tous ces mouvements, jusqu'à aujourd'hui d'ailleurs, que cette intersection entre l'ancien et le nouveau ; mais c'est la marque du réactionnaire que de vouloir systématiquement chercher dans le passé la solution à ses maux ; ce sera la marque du nazisme, assis sur ses racines völkisch, d'aller la chercher dans le passé archaïque - et passablement mythifié - d'une origine perdue.

 


1) l'article en allemand

2) Le matin des magiciens, 1960

voir l'inénarrable Bergier dans une ITV de 59

3) Adolf Hitler, Mein Kampf, Nouvelles Éditions latines, Paris, 1934, p. 448

4) on retrouvera d'ailleurs ce type de démarche chez Heidegger qui cherchera en remontant au delà de Platon chez les pré-socratiques pour revenir à ce moment crucial de l'oubli de l'Etre.

5) dont le Triomphe de la volonté de L Riefenstahl est une illustration flagrante.

6)

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souvenons-nous à cet égard de ce que Finkielstein énonçait à propos des partis politiques sous la Ve qui se voient progressivement dépossédés de tous leurs attributs pour ne demeurer plus que des machines électorales :

7) Goebbels au chef d'orchestre W Furtwangler (11.04.1933)
lire sur la question

 

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