Histoire
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1) le courant volkisch

Les acteurs
H Blavatsky
Guido von List
J Lanz von Liebenfels
Rudolf von Sebottendorf
Otto Rahn
Herman Wirth
Karl Maria Wiligut
D Eckart
 

2) Les sources occultes

3) les lieux communs

4) une démarche réactionnaire

5) une démarche identitaire

6) une démarche scientifico-religieuse

7) une démarche démiurgique

8) Une démarche fusionnelle

 

Le système fasciste : une démarche démiurgique

 

 

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Il est assez révélateur que dans cet extrait du discours de cloture du Congrès de 34, extrait du Triomphe de la volonté de L Riefenstahl, Hitler présente le parti comme un ordre religieux : à bien l'écouter le parti se présente sous deux aspects bien distincts qui renvoient aux deux dimensions du nazisme :

- à l'opposé de toute représentation démocratique du rôle des partis (rôle qui aura d'ailleurs du mal à se dégager et qui ne commencera à se correctement définir qu'à partir de 1905 en France avec la double fondation du parti radical et de la SFIO) où le parti joue le triple rôle de laboratoire d'idées, d'instance représentative de discussion et d'information, de formation enfin.
Ici, au contraire, le parti a une véritable fonction démiurgique : son rôle est de contribuer à forger le peuple. Aux ordres du guide, à côté de l'armée, il doit rassembler les meilleurs qui constitueront le relais. Nous ne sommes pas ici dans un système représentatif mais bien au contraire dans une structure pyramidale où tout émane du sommet et où donc, le parti, loin d'être une structure intermédiaire, apparaît plus comme le bras armé du guide. L'objectif est l'union et ceci dans deux sens : dépassements des clivages de classes bien entendu ; mais surtout union entre le guide et le peuple. L'objectif final est l'union avec le peuple, que tout le peuple devienne national-socialiste, les militants du partis ne représentent rien, ils ne sont que les combattants à qui l'on demande plus qu'au peuple.

- comme tout fascisme, dont il n'est en réalité qu'une variante, le nazisme est en réalité une technocratie. Aucune structure n'est en réalité représentative mais n'existe que par délégation du Führer. Le grand mythe, que l'on aura retrouvé dans la campagne d'entre deux tours, est celui du parasitage de la relation entre la base et le sommet par les corps intermédiaires. Sauf à considérer qu'ici la relation n'est pas ascendante mais descendante. Le peuple, qui est une entité abstraite, qui procède du divin, reste chose informe tant qu'elle n'est pas informée par Dieu, ou le Führer. Dans une perspective très technicienne, que ne démentirait pas Aristote, c'est la cause formelle qui permet à la matière d'être en acte, qui l'actualise, faute de quoi elle resterait en puissance.

L'anecdote Furtwängler

Le 11 avril 1933, dans la Frankfurter Allgemeine Zeitung, est publié un article de Furtwängler et la réponse du Reichsminister.

W Furtwangler y affirme

Je ne reconnais, au fond, qu'une seule ligne de séparation : celle qui existe entre l'art de qualité et l'art sans qualité ! Mais, tandis que l'on trace maintenant des lignes de séparation entre juifs et non-juifs, même là où l'attitude politique des intéressés ne donne lieu à aucune objection, que ces traits sont tirés de façon théorique et implacable, on finit par oublier l'autre ligne de séparation, décisive, celle-là, entre la qualité et l'absence de qualité

 

A quoi Goebbels répond :

En tant qu’homme politique allemand, je ne peux pas reconnaître cette unique ligne de séparation qui existerait selon vous. [...] L’art ne doit pas être seulement de qualité, il doit aussi surgir du peuple, ou, plus exactement, seul un art qui puise dans le Volkstum tout entier peut être de qualité en fin de compte et signifier quelque chose pour le peuple auquel il est destiné. [...] Les artistes qui peuvent vraiment faire quelque chose, et dont l’action dans les domaines extérieurs à l’art ne va pas à l’encontre des normes élémentaires de l’État, de la politique et de la société, trouveront à l’avenir, comme par le passé, l’aide et les encouragements les plus chaleureux de notre part.

La politique est elle aussi un art, peut-être même l'art le plus élevé et le plus large qui existe et nous, qui donnons forme à la politique allemande moderne, nous nous sentons comme des artistes auxquels a été confiée la haute responsabilité de former, à partir de la masse brute, l'image solide et pleine du peuple. [...] Il est de [notre] devoir de créer, de donner forme, d'éliminer ce qui est malade et d'ouvrir la voie à ce qui est sain. 7

Tout est dit ici à la fois dans cette approche globale où l'art n'a de sens que s'il est populaire, s'il vient du peuple et y retourne, qu'il exprime l'âme du peuple et lui insuffle l'enthousiasme de se dépasser. Mais l'art est création et le seul véritable créateur c'est Dieu ou le Führer. La propagande vue comme un des beaux-arts n'est qu'un des moyens utilisés qui se trempe à l'enthousiasme pour forger ce peuple encore informe.

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Alors oui une véritable dimension démiurgique. Le Führerprinzip va au delà d'une théorisation de la hiérarchie pyramidale : il s'agit, de manière proprement théologique, d'affirmer que l'action, la volonté, la loi sont tout entières comprises dans le Führer qui est finalement la seule véritable réalité.

 

 


1) l'article en allemand

2) Le matin des magiciens, 1960

voir l'inénarrable Bergier dans une ITV de 59

3) Adolf Hitler, Mein Kampf, Nouvelles Éditions latines, Paris, 1934, p. 448

4) on retrouvera d'ailleurs ce type de démarche chez Heidegger qui cherchera en remontant au delà de Platon chez les pré-socratiques pour revenir à ce moment crucial de l'oubli de l'Etre.

5) dont le Triomphe de la volonté de L Riefenstahl est une illustration flagrante.

6)

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souvenons-nous à cet égard de ce que Finkielstein énonçait à propos des partis politiques sous la Ve qui se voient progressivement dépossédés de tous leurs attributs pour ne demeurer plus que des machines électorales :

7) Goebbels au chef d'orchestre W Furtwangler (11.04.1933)
lire sur la question

 

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