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«  au milieu de ce monde dur, érotique, technicien et stupide, et qui se demande comment on peut être chrétien du même ton que les Parisiens du temps de Montesquieu s'étonnaient qu on pût être Persan. » Mauriac

 

Πλὴν ὁ υἱὸς τοῦ ἀνθρώπου ἐλθὼν ἆρα εὑρήσει τὴν πίστιν ἐπὶ τῆς γῆς;
Seulement, le fils de l'homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ?
Luc, 18,8

Est-ce un effet de l'âge ? Le Mauriac de ce printemps 1966 s'épuise à regarder disparaître le monde de son enfance, mais les êtres qui accompagnèrent sa jeunesse mais l’Église aussi dont tout pouvait lui laisser penser qu'elle tenait aussi solidement sur ses assises que ses deux millénaires d'œuvres fières.

On vit tous en province quand on vit trop longtemps, chantait Brel, il est avéré, au moins, qu'au troisième âge, vous précèdent dans la mort tous ceux, proches ou non, qui avaient accompagné votre vie. C'est à ceci aussi que je songeais à la mort de M Serres. Mais dans le cas de Mauriac ce n'est pas seulement une génération littéraire qui aura disparu dont il demeurera bientôt l'ultime surgeon, c'est aussi un peuple prometteur d'intellectuels croyants qui avec Claudel, Péguy, Bernanos ou Jacques Rivière mais aussi T de Chardin semblait pouvoir se mesurer bravement aux Lumières triomphantes …Cinquante ans plus tard, deux guerres mondiales, un génocide et une arme nucléaire, il ne devait bientôt plus rester grand chose de l'illusion du progrès nécessaire et de la civilisation triomphante et presque plus rien d'une Eglise désertée par les fidèles appelés à d'autres désespérances.

C'est à ceci que je songeais en mesurant qu'il n'y a pas plus loin de moi à mes grands-parents nés autour de 1900 que de ces derniers à Napoléon ou la Révolution Française. A chaque fois, en à peine cent années, quelle pente dévalée ! que cette histoire dont on peine à mesurer le rythme, se précipite pourtant, ne laissant rien, jamais intact. Mauriac s'interroge sur ce qu'il peut demeurer de foi dans ces terres soviétiques ravagées par un athéisme d’État … il ne peut mesurer encore l'ampleur de la désertion qui avait commencé depuis 45, que Vatican II n'aura pas même freiné, et qui n'eut besoin d'aucune contrainte politique ou terreur idéologique pour dérouler son silence.

Ce n'est pas seulement le hasard de trois livres qui font ainsi Mauriac se poser la question de la foi mais l'air du temps de la génération qui fut sienne qui s'évapore avec une discrétion véritablement trop redoutable. Je suis d'une époque, et y fus formé, où proclamer sa foi eût presque paru inconvenant ; vous eût situé, en tout cas, dans les rangs des conservateurs invétérés dont les clameurs petites-bourgeoises ne pouvaient qu'indisposer. Entre l'avancée étonnante des sciences, la technique triomphante et la paix revenue, il n'était de place que pour le combat politique et de diatribes qu'entre les différentes chapelles du marxisme. Mauriac lui naît de ce fugace renouveau de la foi qui n'allait pourtant pas résister au siècle. Dans ses interviews, même tardifs, il se proclame encore écrivain chrétien et les journalistes l'interpellent ex cathedra comme on eût interrogé un existentialiste, un marxiste ou simplement un scientifique : je ne suis pas certain qu'aujourd'hui la doxa reconnaîtrait une telle catégorie pertinence. Je ne suis pas certain qu'un auteur proclamant sa foi fût encore audible.

Dès lors, comment s'étonner qu'il se posât la question de la signification de la foi et qu'il en fît un affaire intérieure ?

Je tendrais à croire que la Foi vivante en chaque chrétien lui est aussi personnelle que son visage, qu'elle ne vaut que pour lui et ne saurait être érigée en règle universelle. J'ai retouché à mon usage une pensée de Pascal : « Le cœur a ses raisons que la raison connaît. » Certes, je me réjouis de ce qu'aujourd'hui les savants, avec tout ce qu 'ils découvrent, créent plus d'embarras aux philosophes athées qu'aux théologiens thomistes. Il n'empêche qu'il reste assez de difficultés du côté chrétien, assez d'impossibilités pour que le jeune être raisonnable, à l'âge de la connaissance et des passions, jette délibérément par-dessus bord cette Foi exigeante, contraignante, et qui se veut folie.
Ceux qui la gardent pourtant, pourquoi la gardent-ils? Pourquoi y tiennent -ils plus qu'à leur propre vie? Pourquoi sont-ils comme des hommes qui connaissent un secret incommunicable - un secret qui ne vaut que pour eux et pour leurs frères? La Foi, je ne sais trop ce que c'est en dehors de la secrète histoire qui se déroule en chacun de nous. Je serais tenté de croire parfois que ceux qui l'ont perdue ne l'avaient jamais possédée et que ceux qui la trouvent ou qui la retrouvent n'ont jamais cessé de l'avoir en eux - et qu 'elle les traverse invisiblement comme le Rhône traverse le Léman.

Je ne connais rien de plus juste et m'amuse seulement à penser que la Séparation de 1905 se contenta en quelque sorte à consacrer dans la loi cette évidence première que les Églises de tous ordres s'époumonent à couvrir de cantiques et de processions.

Je ne saurais, quant à moi, mettre des mots sur cette secrète lueur et aurais presque honte d'en exhiber la fragilité tant elle m'anime, je veux dire tant elle éveille mon âme. Je connais bien les subtilités infernales des théologies, les diatribes incessantes de ceux qui n'aiment rien tant qu'exclure et faire place nette ; je sais, pour avoir goûté ailleurs les délices infinies du système, comment d'une théorie on peut faire un monde. Ne m'intéresse de la foi que ce que chacun d'entre nous en peut extraire de substance. Que m'importe que le salut s'opère par la grâce ou par les œuvres, que m'importe qu'on y voie pélagianisme ou même seulement semi-pélagianisme : je ne comprends la foi qu'en y pouvant repérer quel homme elle nous fait devenir. C'est pour ceci que je demeure assez insensible à des théories comme celle du tsimtsoum : je ne suis en rien convaincu que connaître comment le monde fut créé m'aide en rien à être homme ; mais tellement à celle du Tikkoun Olam, parce qu'elle enjoint celui-ci à prendre le destin du monde à bras le corps.

Il ne se peut pas qu'étant à la fois dans et devant le monde - Mauriac écrit Etre au monde et n' être pas du monde - nous n'ayons, non pas l'obligation ou le devoir, non sûrement pas ! seulement besoin et nécessité de nous y inventer place et destin. Que ce soit une voix ou une présence, je m'en contrefiche. Une ardente obligation ou un engagement … Je demeure convaincu, aujourd'hui encore, qu'il n'est besoin d'aucune injonction extérieure pour se poser de telles questions et que la moralité au même titre que la foi est affaire intime faute de quoi elle deviendrait ennuyeuse, contraignante et bientôt tyrannique. Il y a autant de raisons d'inventer sa liberté dans l'existentialisme athée d'un Sartre que dans la piété spirituelle. Il vient de bien profond ce désir de faire de sa vie quelque chose qui soit sinon extraordinaire en tout cas honnête ; qui demande à ce que chacun de ses actes soient sincères et aient un minimum de classe ; qui exige de chacun de nos efforts qu'ils n'enlaidissent pas le monde à défaut de l'exalter.

D'où vient cette exigence ? d'où ce souffle qui nous anime ? des replis de notre âme jamais satisfaite de ce monde qui ne la résumera jamais et dont elle demeure étrangère ? ou du divin s'en allant glaner les brebis égarées ? J'ai spontanément espérance de n'y point répondre : il est des promontoires bien plus exaltants de demeurer dans l'ombre …

Très curieusement dans son billet du 29 août 66 - une année décidément empreinte d'interrogations spirituelles pour lui - Mauriac cite in extenso un passage des carnets de S Weil relatant sa rencontre avec Dieu. Superbe passage, assurément, bien en la manière de cette âme écorchée et ivre d'absolu, dont Mauriac ne fait étonnamment aucun commentaire.

Seule cette phrase la présentant :

Je rouvre la Connaissance surnaturelle, titre sous lequel on a réuni les dernières notes rédigées par Simone Weil en 1942 à New York et à Londres - d'une lecture difficile, décourageante. Mais les deux pages publiées en guise de prologue dépassent à mon gré tout ce que la littérature mystique nous propose de plus bouleversant. Qui songerait à aller les chercher dans ce recueil peu lisible ? Je les transcris donc ici pour l’enrichissement de ceux qui sont dignes de les comprendre et de les aimer :

et cette autre la concluant :

Si cette prose avait été enchâssée, dans une saison en enfer, y aurait-il rupture de ton ? C'est bien à ces confins-là qu'errait Rimbaud, mais sur l'autre versant.

Cette rencontre, S Weil l'a raconte à sa manière, celle d'une philosophe en rupture de certitudes, celle d'une femme engagée jusqu'à l'épuisement, mais jusqu'au renoncement souvent, dans une existence dont rien ne pourrait lui faire souffrir une quelconque médiocrité ; celle d'une juive en chemin comme tous ceux de son peuple mais exigeante jusqu'au péril, celle d'une militante prompte à tous les sacrifices et expériences ; celle d'un être obsédé à l'idée qu'entre être et faire s'insinue un quelconque interstice. Est-ce ceci la mystique qu'évoque Mauriac : cette recherche d'un absolu ? Que cette recherche d'une unité infroissable ?

Je sais seulement qu'ici tout tranche avec la représentation classique et biblique de l'appel : certes le chemin de l'impétrant est ici détourné par l'invite mais le lieu n'est ni exceptionnel, ni véritablement à l'écart. Mais la voix n'édicte aucun commandement ; ne paraît transmettre aucune connaissance ; se contente presque de bavarder comme on le ferait à la pause avec un ami ou un condisciple. Mais, surtout, cette voix subitement vous rejette, sans explication aucune ; sans qu'elle se résolût jamais à l'oublier ou cesser de la désirer. Toutes les interprétations sont possibles et se valent parce que, de toute manière, extérieures elles ne parviendraient jamais à s'immiscer en cette intimité-là. Certains entrevoient cette rencontre comme cette série de demeures qu'il faudrait pénétrer progressivement, avec la lenteur qui sied à la profondeur, à l'instar de Ste Thérèse d'Avila ; d'autres plus spontanément l'imaginent comme une ascension, presque douloureuse mais si prometteuse de vous remettre sur les traces du sacrifice divin, à l'instar de celle que l'on entreprend à genoux à Rome au sanctuaire de la Scala Santa ; ou bien encore du parcours bien un peu étrange, sulfureusement initiatique que l'on entreprend en silence sur le labyrinthe de la cathédrale de Chartres dans l'espoir, tel le jour du solstice de parvenir au centre de celui-ci au moment même où le rayon de soleil à peine dévié par la grande rosace pointe le clou central comme la lumière divine avait embrasé le monde. Ou bien, enfin, telle une brusque illumination, un aveuglement d'autant plus douloureux qu'imprévu, tel qu'un Claudel a pu le raconter. [1]

Personne ne devrait jamais rien y trouver à dire ou redire : comment justifier, expliquer ou nier ce que l'autre dans les replis de son âme a éprouvé. Révélation comme sensation relèvent de cette intuition que nous peinons déjà à nommer ; que nous nous épuiserions à expliquer.

L'inquiétude de Mauriac, je la comprends néanmoins. Il y a bien quelque consolation ou assurance trouvée à repérer autour de soi compagnons qui éprouvent la même foi. Même s'il ne s'est jamais senti très à l'aise dans la communauté des paroissiens où il craignait plus de lâches habitudes et préjugés conservateurs que de réels engagements - mais comment en être jamais certain sans en même temps se préjuger meilleurs qu'eux ? - il n'empêche que sa calfeutrer dans le giron protecteur d'une Eglise millénaire doit bien avoir de quoi, dans les moments de doutes, de crise, de quoi vous rasséréner.

Voir les églises de vider de leurs fidèles n'est-ce pas voir se préfigurer encore une de ces figures, pire que de l'abandon, de la trahison ?

14.11 Croyez-moi, je suis dans le Père, et le Père est en moi; croyez du moins à cause de ces oeuvres.
14.12 En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi fera aussi les oeuvres que je fais, et il en fera de plus grandes, parce que je m'en vais au Père;
14.13 et tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils.
14.14 Si vous demandez quelque chose en mon nom, je le ferai.
14.15 Si vous m'aimez, gardez mes commandements.
14.16 Et moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre consolateur, afin qu'il demeure éternellement avec vous,
14.17 l'Esprit de vérité, que le monde ne peut recevoir, parce qu'il ne le voit point et ne le connaît point; mais vous, vous le connaissez, car il demeure avec vous, et il sera en vous.
14.18 Je ne vous laisserai pas orphelins, je viendrai à vous.
14.19 Encore un peu de temps, et le monde ne me verra plus; mais vous, vous me verrez, car je vis, et vous vivrez aussi.
14.20 En ce jour-là, vous connaîtrez que je suis en mon Père, que vous êtes en moi, et que je suis en vous.
14.21 Celui qui a mes commandements et qui les garde, c'est celui qui m'aime; et celui qui m'aime sera aimé de mon Père, je l'aimerai, et je me ferai connaître à lui.

J'entends cette référence : elle me trouble. Il faudrait la citer entièrement bien plus que ne le fait encore Mauriac en ce billet de mai 66.

Je ne vous laisserai pas orphelin Jn, 14,18

Jean dit bien Παράκλητον - paraclet - que l'on traduit par avocat, intercesseur mais terme par lequel on désigne aussi le Saint Esprit. On est loin, très au-delà du consolateur ou de l'aide évoquée dans la traduction Segond mais au cœur de la fonction médiatrice du messianisme. Il y a plus d'une trentaine de références dans la Bible à cette promesse divine de ne pas abandonner son peuple. [2] La relation est de paternité à filiation, quelque chose comme un lien qui ne peut totalement se rompre même si parfois se détériorer mais qui, s'il se pouvait, revêtirait toute la tragédie d'un abandon - dont on ne se remet jamais.

Une relation qui se rompt le peut être alternativement ou simultanément des deux côtés : ce qui angoisse Mauriac ce n'est pas tant l'abandon divin c'est bien plutôt la trahison humaine ; c'est bien plutôt un Messie venant secourir une humanité …absente.

L'autre versant, le plus cruel, sans doute le plus angoissant est bien celle d'un dieu se désintéressant définitivement de sa création : cette sensation cruelle que durent bien ressentir tous ceux-là qui se firent massacrer dans les camps; Idée incroyable, à proprement insoutenable : forme absolue du désespoir.

Mes terreurs enfantines prirent souvent, en mes cauchemars, cette forme d'un monde délaissé, de loin en loin comme anémié ou épuisé de ne plus savoir recueillir les rais de puissance divine qui seuls lui eussent permis de se revivifier. Est-il pire honte que de ne plus savoir prendre la main qui vous est tendue ou accueillir comme il se doit le voyageur venu tout exprès vous secourir. Crainte effrayante que de ne plus même trouver un seul juste qui eût épargné le monde. Mais terreur d'adulte que celles de prières s'évanouissant dans les brumes quand au milieu de l'horreur envahissant l'espace on leva les yeux au ciel pour chercher pas même une lueur d'espoir, mais plus seulement que le signe d'une présence … et de ne l'y point trouver.

Les relations entre l'homme et le divin n'ont jamais été simples et sans doute ne peuvent-elles l'être : il n'est pas un pas que l'homme entreprenne qui ne puisse être entendu comme un outrepassement voire un blasphème. Il n'est pas une puissance qu'il eût conquise, ni un savoir-faire qu'il eût inventé qui ne lui fussent risque de mégalomanie. Mais la création est son jardin et il lui incombe de l'entretenir.

Je crois bien ne pas savoir exactement ce que signifie avoir la foi parce que je suis certain que ce n'est point ici pépite que l'on détînt jamais. Mais ce dont je demeure convaincu, qui m'anime autant que je le puis encore, tient à cette œuvre à quoi nous devons nous attacher afin que jamais elle ne cède ni à l'outrance ni à la violence.

Elle réside en ceci la voie vers l'humain car il n'en est pas d'autre. En ceci la vertu du service : se tenir droit en face de l’Être sans pour autant le toiser. Savoir transfigurer - sublimer ? - cette pulsion qui nous incline à nier, pour seulement nous affirmer, lui permettre l'œuvre ; lui interdire la destruction.

 


 


1) P Claudel Contacts et circonstances, Œuvres en Prose, Gallimard, La Pléiade, pp.1009-1010. 

[…] J'avais complètement oublié la religion et j'étais à son égard d'une ignorance de sauvage. La première lueur de vérité me fut donnée par la rencontre des livres d'un grand poète, à qui je dois une éternelle reconnaissance, et qui a eu dans la formation de ma pensée une part prépondérante, Arthur Rimbaud. La lecture des Illuminations, puis, quelques mois après, d' Une saison en enfer , fut pour moi un événement capital. Pour la première fois, ces livres ouvraient une fissure dans mon bagne matérialiste et me donnaient l'impression vivante et presque physique du surnaturel. Mais mon état habituel d'asphyxie et de désespoir restait le même. J'avais complètement oublié la religion et j'étais à son égard d'une ignorance de sauvage. La première lueur de vérité me fut donnée par la rencontre des livres d'un grand poète, à qui je dois une éternelle reconnaissance, et qui a eu dans la formation de ma pensée une part prépondérante, Arthur Rimbaud. La lecture des Illuminations, puis, quelques mois après, d'Une saison en enfer, fut pour moi un événement capital. Pour la première fois, ces livres ouvraient une fissure dans mon bagne matérialiste et me donnaient l'impression vivante et presque physique du surnaturel. Mais mon état habituel d'asphyxie et de désespoir restait le même. Tel était le malheureux enfant qui, le 25 décembre 1886, se rendit à Notre-Dame de Paris pour y suivre les offices de Noël. Je commençais alors à écrire et il me semblait que dans les cérémonies catholiques, considérées avec un dilettantisme supérieur, je trouverais un excitant approprié et la matière de quelques exercices décadents. C'est dans ces dispositions que, coudoyé et bousculé par la foule, j'assistai, avec un plaisir médiocre, à la grand'messe. Puis, n'ayant rien de mieux à faire, je revins aux vêpres. Les enfants de la maîtrise en robes blanches et les élèves du petit séminaire de Saint-Nicolas-du-Chardonnet qui les assistaient, étaient en train de chanter ce que je sus plus tard être le Magnificat. J'étais moi-même debout dans la foule, près du second pilier à l'entrée du chœur à droite du côté de la sacristie. Et c'est alors que se produisit l'événement qui domine toute ma vie. En un instant mon cœur fut touché et je crus. Je crus, d'une telle force d'adhésion, d'un tel soulèvement de tout mon être, d'une conviction si puissante, d'une telle certitude ne laissant place à aucune espèce de doute, que, depuis, tous les livres, tous les raisonnements, tous les hasards d'une vie agitée, n'ont pu ébranler ma foi, ni, à vrai dire, la toucher. J'avais eu tout à coup le sentiment déchirant de l'innocence, l'éternelle enfance de Dieu, une révélation ineffable. […]

2) plus d'une trentaine de références à cette idée d'un dieu qui n'abandonne pas :

Lévitique 26:11 Osée 11:8 Job 8:20 Lévitique 26:44 Lamentations 3:31 Ésaïe 62:4 Ésaïe 62:12 Ézéchiel 39:28 Psaumes 16:10 Psaumes 37:25 Psaumes 37:28 1 Samuel 12:22 Deutéronome 4:31 Deutéronome 31:6 Deutéronome 31:8 Josué 1:5 1 Chroniques 28:20 Hébreux 13:5 Genèse 28:15 1 Rois 6:13 Jean 14:18 Esdras 9:9 Jérémie 51:5 Romains 11:1 Néhémie 9:17 Néhémie 9:19 Néhémie 9:31 Psaumes 9:10 2 Corinthiens 4:9 Zacharie 10:6 Romains 11:2