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| sophisme risqué | sophisme délétère |
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Le moment Platon Il en va de la philosophie comme du christianisme. Ce dernier s'est au moins autant défini à partir de son dogme qu'à partir des exclusions qu'il opérait dans l'hérésie. Avec Platon, puis avec Aristote, la philosophie grecque définit son projet, détermine son objet à partir de ses relations avec la rhétorique ! Et se faisant celle-là se définit en même temps qu'elle définit celle-ci
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l'orateur n'a pas véritablement de destinataire | |
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il n'a pas non plus de sujet |
Il s'adresse potentiellement à tout le monde qu'il peut convaincre de tout ! Ce passage pose donc deux questions à notre sens essentielles qui permettent de comprendre l'animosité philosophique à l'endroit de la communication.
Effectivement les reproches adressés par Socrate peuvent se résumer de manière assez simple :
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la rhétorique ne relève pas de la connaissance, elle ne cherche pas la vérité, ne participe pas de la connaissance : elle participe du croire et non du savoir. Le croire est plus affaire de sensations, d'impressions. Il n'a rien à voir avec l'effort rationnel de la démonstration, encore moins de la rigueur. Sous ce reproche, il y a aussi toute l'opposition entre raison et sens, réalité et apparence. L'orateur en réalité laisse l'homme dans la caverne et lui faisant seulement changer d'illusion. | |
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la rhétorique est immorale au moins en ceci qu'elle est manipulatrice. Elle se travestit en connaissance mais n'en apporte aucune; elle mime le débat mais réduit l'interlocuteur à être victime de ses passions, passif donc ! | |
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la rhétorique est dégradation du politique dans la mesure même où elle ouvre la voie à toutes les démagogie s imaginables. Ce qui se traduirait aujourd'hui, dans nos démocraties modernes, par les concepts de propagande et manipulation. |
« La rhétorique n’a aucun besoin de savoir ce que
sont les choses dont elle parle, simplement elle a découvert un procédé qui
sert à convaincre » (459 b).
Tout ceci donne l'illusion d'une discipline totalement autonome, à la fois de l'auditoire et du sujet abordé, comme si, horresco referens, fond et forme se distinguaient ou que la communication fût une simple technique visant à obtenir un effet.
C'est bien d'ailleurs ce qui frappe ici, dans ce dialogue :
la posture très philosophique d'un Socrate qui tente de comprendre, donc de
définir, la rhétorique par opposition à la défense plutôt technique d'un
Gorgias qui vante plutôt l'efficacité de cette dernière.
Ils ne parlent pas de la même chose : ils ne s'entendent pas !
toile
de
Jean-Jules-Antoine Lecomte du Nouy (1842-1923)
Ce que
Ph Breton souligne parfaitement bien, tient à ce que
la rhétorique ne se réduit pas à cette vision bien noire, en tout cas très
morale, qu'en donne Platon.
Elle est aussi l'invention même de l'art
d'exposer ses idées, l'art du bien parler.. Cet art comportait des règles,
une méthode2. Et, d'une certaine manière nous suivons
encore ces préceptes3
.
La question se situe donc à un triple niveau :
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philosophique car à y bien regarder Platon ne fustige les sophistes que sur la finalité qu'il faut accorder à la rhétorique pas vraiment sur leur approche du langage. Mais le débat est sans doute pipé sitôt que l'on cesse d'entendre par rhétorique une science mais plutôt une technique, celle du bien exposer ses idées, celle du se bien faire entendre pour mieux convaincre. Ce qui semble confirmer cette approche ne tient-il pas en ceci que Platon est bien plus sévère à l'endroit des sophistes eux-mêmes que de la rhétorique. Ainsi sommes-nous en droit de nous demander | |
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technique dans la mesure où l'enjeu se déplace alors
pour interroger la valeur d'une technique, enjeu résolument moral. Où se
joue à sa manière la question de la fin et des moyens. La rhétorique n'est
avant tout pas une science et en tant que telle ne vaut que ce pour quoi
elle est moyen. Ce que Platon réprouve, c'est la mise en œuvre de cette
technique oratoire sans tenir compte jamais ni de l'auditoire ni du sujet
abordé. | |
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politique car le déploiement de la rhétorique est
évidemment indissociable de l'émergence de la démocratie dans l'espace grec
et pose ainsi avec acuité la question de l'auditoire. Si la tendance de la
rhétorique à se déplacer du côté de la littérature peut s'expliquer, selon
Tacite, par la
disparition de la démocratie, on peut comprendre pourquoi la question
resurgit désormais dans nos espaces démocratiques, l'émergence des nouvelles
technologies, de
l'Internet,
et surtout des sites de partage, montre combien la communication politique a
changé qui doit calculer son paysage comme autrefois l'on organisait son
discours. Les conseillers en communication ont, depuis longtemps cornaqué
nos politiques mais ce que l'on observe désormais c'est combien
l'extrême visibilité du pouvoir peut, très rapidement, rendre le
discours politique inaudible. |
Au
sens
précis du terme : il est corrupteur.
En affirmant qu'un bon savoir-faire y pourvoit, il donnerait l'illusion
que tout est démontrable, que tout se vaut. Or ce relativisme-là rend
impossible n'importe quel projet politique au moins autant que n'importe
quelle philosophie. S'il suffit de bien savoir parler pour faire passer
n'importe quelle thèse ou idéologie alors c'est tout le projet même de
la philosophie qui est par terre. Et ne parlons pas de la politique.
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Or crise de la
philosophie, il y a : même si ce n'est pas
la seule raison, et que de toutes manières la philosophie vit de ses propres
crises permanentes, force est de constater que la philosophie vit depuis 45
au moins une véritable crise de confiance. Le projet cartésien est largement
obéré par l'impossibilité que la pensée philosophique éprouva de repérer,
dénoncer les idéologies totalitaires; | |||||||
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crise du
politique: on pourrait sans doute dire à peu près la même chose à
propos de la sphère politique dans la mesure où le politique s'appuie
toujours sur un projet, donc une idéologie, une représentation du monde ...
une philosophie - au sens faible du terme ! Mais surtout, si l'idée venait à
se répandre que le politique n'était qu'une affaire d'habileté oratoire,
alors, à côté du tous pourris ne serait-ce pas la légitimité de la
démocratie qui serait en cause ?
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crise de la morale: au moins dans le sens où, ne se pensant que comme une technique, le sophisme se justifierait uniquement par l'efficacité de son discours, sur l'auditoire,, donc sur sa capacité à persuader en donnant l'illusion d'une neutralité quand en réalité toute technique n'est jamais régie que par sa capacité opératoire que l'on cherchera toujours à développer. Autre manière de dire que le sophisme pose effectivement un problème moral, qui ne peut, in fine, être résolu que de l'extérieur, du côté d'un savoir qui lui conférerait à la fois légitimité et fondement. Sans nécessairement sombrer dans le moralisme d'un Platon qui balaie d'un revers de manche toute rhétorique - et avec elle toute écriture, d'ailleurs - on est, néanmoins en droit de poser la question de la valeur morale non point tant de la rhétorique, et donc de la communication, en tant que telle, que de ce qu'elle traduit, transmet. Se pose ainsi, évidemment, la question de la démagogie sous le spectre de la propagande, de la manipulation voire de la publicité. Mais aussi celle de la fragilité du peuple au moins autant que de la pensée et ceci, à soi seul, semble pouvoir ruiner toute perspective du politique. |
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le texte du Gorgias de Platon ; | |
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un cours sur ce dialogue |
2) on trouvera ici le texte du livre 1 du texte de Quintilien
3) il suffit de consulter des sites comme :
pour comprendre que nous utilisons encore les règles du discours tels qu'on pu les entendre les anciens.
sur les figures de rhétoriques:
4) cette question sera évoquée plus loin
5) doit-on rappeler que ce n'est pas parce que deux phénomènes ont les mêmes conséquences qu'ils sont identiques ? Réduire nazisme et communisme sous le seul vocable de totalitarisme manquera toujours l'essentiel du problème politique !
6) C'est bien, dans la première séquence de son mandat, le problème que semble rencontrer Sarkozy dont l'habileté communicationnelle se retourne brutalement contre lui, comme si elle n'avait été qu'un subterfuge pour conquérir le pouvoir, ou que