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“Le
freudisme, si fameux, est un art d’inventer en chaque homme un système
redoutable, d’après des signes tout à fait ordinaires; les rêves sont de
tels signes; les hommes ont toujours interprété leurs rêves, d’où un
symbolisme facile. Freud se plaisait à montrer que ce symbolisme facile nous
trompe, et que nos symboles sont tout ce qu’il y a d’indirect. Les choses du
sexe échappent évidemment à la volonté et à la prévision; ce sont des crimes
de soi, auxquels on assiste. On devine par là que ce genre d’instinct
offrait une riche interprétation. L’homme est obscur à lui-même; cela est à
savoir. Seulement il faut éviter ici plusieurs erreurs que fonde le terme
d’inconscient. La plus grave de ces erreurs est de croire que l’inconscient
est un autre Moi; un Moi qui a ses préjugés, ses passions et ses ruses; une
sorte de mauvais ange, diabolique conseiller. Contre quoi il faut comprendre
qu’il n’y a point de pensées en nous sinon par l’unique sujet, Je; cette
remarque est d’ordre moral (...) En somme il n’y a point d’inconvénient à
employer couramment le terme d’inconscient; c’est un abrégé du mécanisme.
Mais si on le grossit alors commence l’erreur, et, bien pis, c’est une
faute. “ |